Reconversion « à la mode » Sciences Po

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Gagner une médaille, des titres olympiques, mondiaux ou continentaux, c’est bien, mais qu’advient-il ensuite de nos champions ? L’arrêt d’une carrière sportive est toujours un moment charnière, un tournant décisif. Quitter un cocon où l’on est choyé ne se fait pas sans douleur. L’Institut d’études politiques de Paris, communément désigné par l’apocope « Sciences Po », se positionne depuis plusieurs années sur le créneau de la reconversion en proposant aux anciens athlètes de haut niveau un cursus taillé sur mesure.

Ophélie-Cyrielle Etienne n’est peut-être pas la plus connue des nageuses tricolores, mais elle n’en demeure pas moins une figure incontournable de la décennie 2004-2014 qui a vu la natation française se hisser au troisième rang mondial, juste derrière les ogres américains et chinois. Du haut de ses 26 ans, Ophélie peut, en effet, se targuer d’afficher un très joli palmarès : triple championne du monde junior en 2006, triple médaillée d’argent et double médaillée de bronze européenne et surtout, médaillée de bronze olympique aux Jeux de Londres de 2012 avec le relais 4x200 m nage libre (cf. photo). Une carrière achevée à l’issue des championnats de France 2016 à Montpellier où, en dépit de deux titres de vice championne de France des 400 et 800 m nage libre dans le sillage de son amie Coralie Balmy elle ne parvint pas à décrocher son ticket pour les Jeux Olympiques de Rio, avant d’intégrer la prestigieuse école de la rue Saint-Guillaume. « Mon père m’avait parlé de cette école quand j’étais plus jeune et que je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire plus tard », livre l’ancienne athlète de haut niveau. « Je crois qu’à partir de là, j’ai toujours gardé à l’esprit l’idée d’entrer à Sciences Po. »

Certes la famille a été un élément déclencheur pour choisir cette option, mais ce n’est pas l’unique raison. Ophélie a pris soin de tisser des liens techniques mais aussi intellectuels avec son entraîneur à Font-Romeu, Richard Martinez. « J’ai eu la chance d’être entourée par des entraîneurs qui m’ont toujours encouragée et soutenue pour mener de front un entraînement sérieux et des études. C’est comme ça qu’après le Baccalauréat, j’ai pu suivre une Licence d’histoire par correspondance avec l’Université de Perpignan. En France, c’est compliqué de trouver des études supérieures qui intègrent les obligations de la pratique sportive. Ces aménagements, c’est Richard qui nous les a obtenus. »

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En 2011, Ophélie décide de changer d’air. Elle rejoint le club d’Amiens et s’entraîne dès lors sous la direction de Michel Chrétien.Elle part ensuite à Lille, où elle obtient un Bachelor en communication par alternance. Cette période lui permet de découvrir la réalité de la vie quotidienne. Une fois son diplôme en poche, elle décide de se remettre à l’eau. Ce sera en Australie. Pendant sept mois, elle vit sur la Gold Coast, à Mermaid Beach, dans une famille d’accueil. Revenue en France en 2013, elle rejoint le Cercle des Nageurs de Marseille et se qualifie pour les championnats d’Europe de Berlin (août 2014), puis les championnats du monde de Kazan (juillet 2015) avant d’échouer dans son ultime quête olympique.

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« Je n’ai aucun regret », confie-t-elle, « puisque j’avais pris soin de préparer le concours d’entrée à Sciences Po. A ce titre, je conseille à tous les sportifs de haut niveau de ne pas tout arrêter d’un coup. Surtout si on ne sait pas exactement vers quelle branche ou quel secteur d’activité on souhaite se diriger après sa carrière. Il ne faut pas avoir peur de se lancer dans une formation. Il est primordial de ne pas s’oublier intellectuellement et de continuer d’avoir des sollicitations, de s’intéresser à d’autres choses, de rencontrer des étudiants, des professionnels qui ne sont pas issus du milieu de la natation, de ne pas hésiter à poser des questions, de se renseigner sur ce qui est proposé aux athlètes. Et surtout, de ne pas faire comme les copains... Beaucoupse perdent en première année de STAPS parce qu’ils n’ont pas de réelle aspiration dans cette voie. Si on a un projet d’avenir, il faut le construire. Ça prendra peut-être du temps, mais ce n’est pas négociable. Pas même avec le coach. ».

Cet article a été rédigé par Anne-Elisabeth Liebmann (@nageoire) et publié par la Fédération Francaise de Natation.


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