L’analyse de performance, un nouveau métier

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Votre société Sportstec fait partie des entreprises qui ont apporté la technologie et l’analyse de performance dans le sport….Quelles sont les nouveaux métiers liés à cette évolution ? 

Il est un métier qui est amené à se développer en France et dans les Pays latins en particulier sur les prochaines années : celui d’analyste vidéo, ou assistant vidéo, et ce  dans tous les sports….

Au même titre que le préparateur physique, de nombreux clubs ont désormais intégré des assistants ou responsables vidéo dans les staffs techniques des clubs, des Fédérations… 

Il est aisé de comprendre qu’aujourd’hui, il est difficile de gagner un match ou une confrontation si vous n’avez pas observé votre adversaire, construit un plan de jeu, communiqué ce plan avec la vidéo comme support, analysé votre propre performance, identifié les indicateurs de performance qui font qu’une équipe ou un athlète gagne ou perd… 

Cette préparation et l’objectivation de la performance par la vidéo s’est largement rependue ces dernières années. La mesure, qu’elle soit statistique (quantitative) ou que ce soit de la simple observation (qualitative) amène vers une meilleure performance. Certains sont déjà passés à l’analyse en live, apportant ainsi les données et indicateurs qui aident à la prise de décision et au coaching. Ces règles sont applicables à tous les sports.

Chez Sportstec, nous avons une devise : “You can not win today’s game tomorrow”.

Tout le monde peut comprendre et cela traduit qu’il vaut mieux savoir analyser ce qui se passe pendant le match et agir en conséquence, que de subir. L’analyse se fait avant et après match, mais nous sommes aussi rentrés dans une ère nouvelle où l’analyste peut jouer un part dominante dans la victoire. 

Il n’y a qu’à voir l’équipe de France de Basketball qui vient de faire un exploit. Nicolas Absalon, l’analyste, et Vincent Collet, l’entraîneur, sont les 2 qui passent le plus de temps ensemble.  L’approche du match par la vidéo et les retours live sont des éléments clés de la performance pour eux, mais ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup.

Un nouveau métier est donc né, et de très nombreuses équipes, dans tous les sports, et même dans les sports individuels, ont fait appel à de nouveaux types d’entraineurs ou des techniciens pour occuper ces nouveaux postes.

Que recherchent les clubs ?

Nos outils d’analyse vidéo SportsCode sont utilisés par plus de 8000 « analystes » ou vidéo coach et près de 5000 équipes dans le monde. Nous avons donc une vision très précise de l’état de la situation, et ce dans chaque pays où nous sommes présents… Disons que le profil idéal serait fait de 3 compétences clés : 

  • Une connaissance approfondie de son sport, avec si possible un niveau entraîneur. Il faut ce vécu qui fait que l’on sait comprendre les indicateurs de performance et les voir !
  • Une aptitude à travailler sur les technologies. Les systèmes d’analyse vidéo demandent d’être à l’aise avec le digital. Ordinateurs, caméras, systèmes GPS … il faut savoir jongler avec ces outils pour faire ce que l’on veut et répondre à toutes les demandes dans un club.
  • Le reste est du savoir-être : il faut être intelligent, curieux, à l'écoute des attentes du staff, et avoir de grosses aptitudes à la communication. Il faut établir une relation forte avec les entraineurs principaux, se positionner clairement et s’adapter à des situations très changeantes… 

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Diriez-vous que nous sommes en retard par rapport aux anglo-saxons ?

C’est une évidence. Mais pas qu’en France… l’ensemble des pays latins sont à la traine. Les technologies du sport que vous voyez sur le marché ont presque toutes été inventées dans des pays anglo-saxons… et Sportstec en est un exemple puisque notre siège est en Australie.

Un autre indicateur parle de lui même : tous ces pays anglo-saxons ont déjà des universités du Sport qui ont développé des Masters d’analyse de la performance où l’on forme ces profils aujourd’hui très recherchés dans ces pays. La bas, c’est une vraie qualification, c’est un métier bien rémunéré… et même plus qu’un job, c’est devenu une carrière… Les anglais, Gallois, australiens, Néo-Zelandais etc…  sont passés à un autre niveau : le « Head of Performance » est celui qui dans une équipe pense, avec les coaches le système de mesure et de retour des indicateurs vers le staff et vers les joueurs, et les analystes sont souvent plusieurs dans la même structure !

Comment rattraper ce retard ? 

Il faut plusieurs prises de conscience :

  • Celle des dirigeants, managers sportifs, présidents de clubs ou de Fédérations. La performance n’est pas que l’affaire ou la responsabilité de l’entraineur. On peut structurer un club à différents niveaux, et avoir une cellule analyse vidéo fait partie de ces éléments de structuration. En France, certains clubs ont compris cela. Si l’on prend l’exemple du Football, nous connaissons quelques clubs où il y a de bons analystes : ceux là restent, les coaches partent… on peut citer les Girondins de Bordeaux, Montpellier Hérault, l’ASSE, l’O.L … qui ont aujourd’hui une vraie cellule… ceux là ont aussi fait rentrer la dimension d’analyse de la performance dans leurs centres de formation, ceux là ont compris….
  • Celle des entraineurs : disons que la nouvelle génération est déjà plus sensible. Elle est moins effrayée par les technologies  Encore un exemple qui parlera à tous : dès leur arrivée à Bastia, Claude Makelele et son adjoint Didier Tholot, ont tout de suite compris qu’un des éléments importants pour lutter en L1 était d’ajouter la dimension « analyse vidéo » à leur palette, et ils ont choisi de prendre un assistant pour cela… 
  • Celle des UFR Staps et des CREPS, qui doivent commencer à comprendre qu’il y a de l’employabilité derrière ce nouveau phénomène… ce n’est pas une mode.

Nous travaillons dans ce sens. Un D.U (Diplôme Universitaire) et un Master d’analyse de performance sont en projet, et nous en sommes d’ailleurs partenaires.

Dans cette optique, Sportstec est par ailleurs aussi le partenaire des Fédérations. Nous sommes impliqués dans la formation DEPF (Diplôme d'Entraîneur Professionnel de Football), DEPVB  (Diplôme d'Entraîneur Professionnel de VolleyBall) et DAVB : diplôme d'Assistant Vidéo de Basketball… On voit ainsi que les Fédérations ont compris l’enjeu qu’il y a derrière l’analyse vidéo et de la performance au sens large…

Nous sommes très fiers de contribuer aussi à l’émergence de ces métiers et croyez moi, nous passons un temps infini à détecter et former ces talents de demain dont le sport de haut niveau aura de plus en plus besoin !

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