L’accompagnement vers la professionnalisation des sportifs par l’INSEP

Publié :

INSEP

« Aller vers les envies du sportif »

Ancien agent commercial bancaire, éducateur sportif et conseiller en mission locale, Erwan Thomazo accompagne actuellement les sportifs de l'Insep, dans leurs démarches de recherche d'emploi et de stage, depuis décembre 2014.

Comment l'Insep aide-t-il les sportifs à accéder à un emploi ?

Pour ma part, je reçois les sportifs en activité, souhaitant enrichir leur expérience professionnelle et je les accompagne dans leurs recherches de stage ou d’emploi. Mon travail consiste à les aider à s'insérer dans le monde du travail, en validant leur projet professionnel et en les aidant à construire leur CV, à rédiger une lettre de motivation, à simuler et à préparer les entretiens d'embauche. Nous organisons en parallèle des événements comme Start'up ta reconversion (évènement dédié à la création d’entreprise et à l’entreprenariat) et le Carrefour de la performance (forum emploi et formation), qui ont lieu une année sur deux. Nous construisons également une plate-forme de formation à distance, dédiée à l’emploi et à la reconversion, qui devrait être mise en ligne au cours de l’année 2017. Enfin, nous travaillons avec un réseau d’entreprises, partenaires de l’INSEP, pour nouer des liens plus étroits avec le monde du travail. C’est notamment le cas pour le Pacte de performance*, où nous avons été en contact avec 200 à 250 sportifs de haut niveau, dont 180 ont signé un contrat de travail (30 %) ou d'image (70 %) avec 82 entreprises.

Chaboudez

Erwan Thomazo a pu conseiller la spécialiste du 400 m haies Aurélie Chaboudez, titulaire d’un Master Management des entreprises du luxe et de la mode, sur son avenir professionnel.

Quelles difficultés ces sportifs rencontrent-ils dans leur recherche d'emploi ?

La principale difficulté, c'est de trouver un travail compatible avec leur emploi du temps. Entre les entraînements, les stages et les compétitions, c'est un peu compliqué. Pour certains, il s'agit de trouver un job « alimentaire » pour leur apporter des revenus pendant leur carrière sportive. On essaie de faire en sorte que ce soit en rapport avec leur secteur d'études. Beaucoup de sportifs cherchent à se forger une expérience professionnelle, même à travers des stages ou des contrats courts. C'est important pour leur avenir. Avec peu ou pas d'expérience, c'est encore plus compliqué de chercher un stage ou un emploi. Il faut absolument se préparer à l'après, en se formant ou en engrangeant de l'expérience. Quand on n'a rien fait professionnellement pendant dix ans, on passe d'un extrême à l'autre, ce qui peut être très mal vécu par le sportif. En revanche, quand le projet professionnel est clairement défini, les sportifs s'investissent et arrivent très facilement à s'insérer. Ils se préparent à cela pendant des années !

Quels arguments un athlète de haut niveau peut-il faire valoir auprès d'un employeur ?

À l'Insep, nous utilisons un référentiel qui répertorie les compétences sportives transférables dans le monde du travail. On se sert aussi des expériences professionnelles du sportif pour déterminer les compétences transversales. La pratique du sport à haut niveau développe des qualités de savoir-être qui peuvent plaire aux entreprises : se fixer des objectifs, se dépasser, être performant, gérer son stress, être autonome ou encore savoir évoluer dans un collectif. De plus, de nombreux sportifs ont l'habitude de s'exprimer dans les médias. C'est important pour les entreprises de savoir faire passer des messages. Grâce au réseau de partenaires de l'Insep, nous en avons aidé un certain nombre à trouver un emploi dans le commerce, le marketing, le management, etc. Environ 70 % ne travaillent pas dans le domaine du sport, alors qu'il y a 10 ans ils n'étaient que 30 %. On essaie d'aller davantage vers les envies du sportif, grâce notamment aux possibilités de formation à distance qui sont de plus en plus nombreuses et variées.

* Programme du ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports visant le recrutement de sportifs de haut niveau au sein d'entreprises partenaires pour pouvoir préparer sereinement les Jeux de Rio et des Jeux prochains à venir.

Interview 

Artak Margaryan, double Champion de France de lutte gréco-romaine en -66 kg, a officiellement intégré une Grande Entreprise Française depuis le 30 juillet 2015. Il y travaille comme Agent Commercial.Artak 

Artak, tu as pu rejoindre le dispositif « Pacte de performance », que ressens-tu ?

« Je suis évidemment très content de signer cette CIP (Convention d’insertion professionnelle). Je considère que c’est une grande chance pour moi, à la fois sportivement et professionnellement. Je peux mener deux carrières en parallèle et c’est un vrai soulagement pour préparer mes échéances sportives tout en me traçant un avenir professionnel. Je suis sincèrement reconnaissant envers l’INSEP de m’avoir aidé à intégrer le monde du travail et de m’avoir fait confiance ! »

Concrètement, quelles sont tes attentes vis-à-vis de cette CIP ?

« Cela change beaucoup de choses. Sportivement, je peux m’entraîner sans avoir au fond de moi l’interrogation de ce que je ferai une fois ma carrière finie. Professionnellement, ce poste d’Agent Commercial me convient parfaitement car j’aime le contact client. Mon but est de redémarrer un projet professionnel, d’avoir un plan de carrière et de répondre aux attentes de mes managers. »

Pour l’anecdote, il paraît que tu parles plusieurs langues, c’est vrai ?

« Oui. Yes. Sí. Ja. Da… Donc, en effet, je parle cinq langues : le français, l’allemand, l’espagnol, l’anglais et le russe. C’est grâce à ces compétences linguistiques, que j’ai réussi à faire la différence pour mon entretien d’embauche, mais il y a aussi mon bon relationnel, mon esprit d’équipe et mon envie de gagner. »

Tu peux nous en dire plus ?

« Depuis que je suis sportif de haut niveau, j’ai pu développer des qualités d’écoute, de motivation et de dépassement. Ces valeurs plaisent à ma société qui veut mettre en avant au sein de mon service. J’apporte un vrai plus dans la cohésion de groupe et dans l’atteinte des objectifs et je sais que mon manager est ravi. »

Un dernier mot ?

« Je pense que tout sportif doit être accompagné pour s’insérer à un moment donné dans la vie active et je sais, qu’à l’INSEP, il y a les services compétents pour le faire. »

Retour à la liste