Interview de Jauffray Dunyach, fondateur d'E-cotiz

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Jauffray Dunyach, Fondateur d’E-Cotiz, première solution de cotisation en ligne développée pour les associations sportives (e-cotiz.com).
E-Cotiz est hébergé chez ESSEC Ventures, le dispositif pour les entrepreneurs du Groupe ESSEC.

 
 

Pourriez-vous présenter votre parcours ? Comment avez-vous commencé dans l’industrie du sport ? D’où vous est venue l’idée de monter votre propre entreprise ?

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai dû faire le choix difficile entre continuer le sport (rugby) ou les études. Ma raison, et plutôt celle de mes parents à l’époque, m’a poussé vers les études. J’ai eu la chance d’intégrer l’ESSEC et de pouvoir me spécialiser dans un milieu que j’affectionnais tant : le sport.

Ma première expérience dans l’industrie du sport a été chez A.S.O. où j’avais rejoint les équipes du Trade Marketing pour sillonner les routes du Tour de France et vendre les produits dérivés du Tour. Une fabuleuse expérience tant au niveau humain qu’organisationnel. On découvre la « machine » Tour de France qui déplace des milliers de personnes chaque jour pour livrer un des plus beaux évènements au monde. C’est ce qui m’a donné envie de persévérer dans ce milieu.

J’ai ensuite enchainé sur une deuxième année sur le Tour mais cette fois-ci pour un partenaire officiel et j’ai ensuite travaillé pour de nombreux acteurs de l’industrie du sport : Fédérations, Organisation Sportives, Agences de conseil, clubs. Le projet de créer E-Cotiz est arrivé à un moment charnière de ma vie professionnelle. Ma dernière expérience professionnelle a tourné au cauchemar. J’ai dû me reconstruire et j’en ai profité pour faire un bilan sur tout ce que j’avais pu voir dans ma carrière. C’est comme ça qu’est né E-Cotiz, une synthèse de besoins identifiés chez les différents acteurs du sport.

 

Quel serait le déroulement d’une de vos journées type ?

J’aime bien arriver tôt au bureau, vers 7h30, tout est calme et cela permet de se concentrer sur l’organisation de la journée, traiter les tâches importantes liées à la responsabilité du chef d’entreprise. A 9h, les employés arrivent et je passe à des taches opérationnelles, à l’écoute des besoins, où je dois jongler entre le travail sur le développement, l’amélioration de plateforme technique mais aussi les rendez-vous commerciaux.

Les déjeuners sont assez courts, mais nous essayons de sortir à l’extérieur le plus souvent possible car il me semble important de couper au milieu de la journée, ne serait-ce qu’un petit moment pour respirer, s’aérer l’esprit et partager un moment où on ne parle pas « boulot ».

Enfin, comme tout entrepreneur, la fin de la journée n’a pas d’heure… Par contre, une fois sorti, je m’oblige à ne plus traiter du travail d’une part pour me préserver mais aussi pour préserver mon entourage. Je crois que, dans une expérience aussi consommatrice que l’entreprenariat, il est très important de bien segmenter ses journées pour garder un certain équilibre. Je m’impose d’aller au sport 2 à 3 fois par semaine aussi afin d’évacuer le stress des journées chargées.


Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer ? Comment les avez-vous surmontées ?

En 2009, on est venu me présenter le projet de développement d’un grand club de rugby à Marseille qui venait d’enregistrer l’arrivée de Jonah Lomu où on m’a proposé de prendre en charge le développement commercial et marketing du club. Le projet était séduisant sur le papier mais cela a très vite tourné au cauchemar pour tout le monde. Malgré toute notre implication avec la nouvelle équipe dirigeante, nous ne sommes pas parvenus à rattraper la situation financière dans laquelle avait été laissé le club à l’époque. Cela a été un véritable échec… et il fallait rebondir. Pour cela, je me suis rattaché à ce que j’avais de plus cher au fond de moi : le sport. Je suis donc parti à l’étranger plusieurs semaines, me ressourcer autour d’un programme d’activités sportives qui devait me permettre de me relever petit à petit. A l’issu de ce voyage qui a été très éprouvant physiquement et moralement, je me suis ressourcé, retrouvé, et j’étais à nouveau déterminé à aller de l’avant.


Quel avenir voyez-vous pour votre entreprise ?

Devenir la plateforme de services incontournables pour les associations sportives. Je m’aperçois aujourd’hui que nous sommes parvenus à apporter un vrai service aux associations et aux sportifs. Aujourd’hui, nous travaillons sur une problématique claire : les cotisations, mais nos échanges avec les adhérents, les clubs, les Fédérations nous montrent qu’il y a encore beaucoup de choses à proposer ! Nous y travaillons déjà pour proposer de nouveaux services avec un objectif : aider/favoriser le développement du sport en France et à l’étranger.


Qui a été votre plus grande source d’inspiration dans votre carrière et pourquoi ?

J’ai eu la chance de côtoyer pendant plusieurs années Bernard Lapasset.

Lorsque j’étais étudiant, en 2005, il était alors Président de la Fédération Française de Rugby et avait mandaté l’ESSEC pour effectuer une étude sur l’intégration du rugby à 7 aux Jeux Olympiques. J’étais le plus heureux de travailler pour « mon » sport et j’ai découvert l’homme. J’ai été stupéfait par la vision qu’il avait pour le développement de son sport et son rayonnement à l’international. Quelques années plus tard, je l’ai retrouvé dans le Comité d’organisation de la RWC07 et le côtoyait régulièrement dans le cadre de mes missions au sein de l’organisation. Son objectif était clair : Réaliser la plus belle Coupe du Monde que le rugby n’ait jamais eu et mobiliser toute la France pour cet évènement. Il réussit à nouveau et accéda à la Présidence de la Fédération Internationale de Rugby (World Rugby) et rapidement réussi à faire intégrer le rugby à 7 aux JO.

Je suis admiratif de tout ce qu’il a pu apporter à la structuration et au développement de son sport avec toujours un temps d’avance et une vision stratégique à long terme.


Quelles sont les qualités nécessaires pour réussir dans les métiers du sport ?

Un élément essentiel est bien sur le travail. Ça n’est pas un secret et c’est un ingrédient commun à tous les secteurs. Il faut aussi une grande ouverture d’esprit. L’industrie du sport évolue de manière différente d’un pays à l’autre, d’un continent à un autre. Elle se définit différemment également. Cette diversité peut être source d’inspiration, d’innovation et donc vous emmener vers le succès.

La connaissance du marché du sport est indispensable pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale mais pas que l’infime partie qui brille et ne représente que 0,1% des licenciés. Il est important de comprendre la base du sport. On y retrouve nos fameuses valeurs mais aussi nos futurs clients. Cet apprentissage peut prendre du temps mais il sera par la suite la plus grande force pour développer un projet/produit/service.

Pour réussir, il faut du courage, de la persévérance car la vie de l’entrepreneur est faite de hauts et de bas. Il faut savoir, au départ, les surmonter seul. Cela forge un caractère et permet de se  construire un tempérament de champion. Celui qui sait prendre les coups mais qui ne tombe pas, pour revenir et gagner !


Quels conseils reçu vous ont permis de grandir dans cette industrie ?

Je crois que le premier conseil que j’applique quotidiennement est celui de mon entraîneur de rugby en junior : le match se termine au coup de sifflet final, pas avant. Il ne faut donc jamais abandonner, ne jamais s’arrêter, toujours se battre pour gagner, avoir un temps d’avance sur ses adversaires (i.e. ses concurrents).

Le second est qu’il est nécessaire de savoir « couper ». Pour se protéger mais aussi pour prendre du recul sur les situations et donc mieux appréhender ces dernières, prendre les bonnes décisions. Avoir la tête dans le guidon peut parfois vous emmener droit dans le mur. Il faut apprendre à lever la tête !


Quelle est la chose dont vous êtes le plus fier dans votre carrière ?

Je suis fier d’avoir réussi à me relever après mon échec professionnel et d’avoir créé une solution comme E-Cotiz qui aujourd’hui, amène une vraie réponse à une problématique du monde sportif tant au niveau des pratiquants que des dirigeants. Lorsque je vois l’utilisation qui en ait faite aujourd’hui, je me dis qu’elle contribue, à sa manière, au développement du sport en France et c’est une fierté.

 

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