Interview de Florence Lastreto, Responsable Communication de la Fédération de Voile du Québec

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Florence Lastreto

Bonjour Florence, pourriez-vous vous présentez rapidement ainsi que votre parcours ?

J’ai effectué une licence STAPS en Management du Sport, puis, afin de valider mon Master 1, je suis partie un an en échange universitaire à Sherbrooke au Canada au sein de la faculté d’administration. En effet, il n’y a pas de filière de management dans les facultés de sport au Québec, celles-ci proposant des formations plus pratiques pour devenir kinésithérapeute ou professeur par exemple. Je suis ensuite rentrée en France pour une année de césure durant laquelle j’ai effectué un stage dans l’évènementiel sportif. J’ai fini mes études par un M2 en Marketing du Sport à la faculté d’Administration économique et Sociale (AES) à Montpellier, suivi d’un stage de fin d’études en France dans une association : Profession Sport et Loisirs 34 où je faisais du démarchage, de la communication et du marketing. En 2013, je suis repartie au Canada dans le cadre d’un PVT (Programme Vacances Travail). Malgré ma connaissance du pays, que je devais à mon année d’étude sur place, j’ai eu du mal à trouver un emploi dans ma branche, dont une des causes était que je n’avais qu’un visa d’un an, ce qui a tendance à rebuter les employeurs qui ne veulent pas prendre de risques. J’ai finalement accepté un poste à la Fédération de Voile du Québec, mais qui n’était, au départ, pas en communication, mais dans le domaine du sport. Petit à petit, j’ai créé mon poste en m’occupant d’abord des réseaux sociaux, puis de la mise à jour du site web, puis de la newsletter jusqu’à être chargée de la communication globale de la Fédération, ce que je fais aujourd’hui.

 

Comment décririez-vous votre métier et quelles difficultés rencontrez-vous ?

Je m’occupe des supports de communication, de la rédaction et diffusion des outils d’informations (newsletter, communiqué de presse, magasine, médias sociaux..), du développement et de la mise à jour du site internet, de la recherche de partenaires, de la coordination et promotion des événements, de la liaison avec les partenaires (club, école, Voile Canada..). Au niveau du site web, je n’avais jamais utilisé de logiciels comme Joomla ou WordPress avant, j’ai donc dû apprendre à m’adapter au quotidien.
Une des principales difficultés que j’ai rencontrée est que j’avais très peu de connaissance en voile alors que c’est un sport très technique, il a donc fallu que j’apprenne et que je découvre ce sport. J’ai aussi dû m’adapter à la culture canadienne et à des méthodes de communication et de marketing assez différentes de ce que je pouvais connaitre. Nous sommes une petite équipe de seulement 5 personnes et 2 entraineurs, et les rapports hiérarchiques sont moins codifiés qu’en France, il est rare qu’un salarié vouvoie son directeur par exemple.

 

Quels sont les objectifs de la Fédération de Voile du Québec et comment cela se répercute-t-il sur votre métier ?

Notre premier objectif est d’encourager et de faire la promotion de la voile auprès de tous les publics tant d’un aspect compétitif avec les dériveurs que d’un aspect des loisirs avec les quillards. Pour cette dernière catégorie, il y a un effort à faire pour casser l’image de sport réservé aux privilégiés que cette activité véhicule.

Du même ordre un des objectifs de la Fédération est de devenir la référence en voile au Québec. Au Canada, contrairement à la France, le grand public et même les clubs connaissent assez peu les fédérations et les avantages qu’il y a à être affilié. Certains clubs ne savent même pas ce qu’est une fédération ! Il y a donc un vrai travail à faire pour redorer l’image de la fédération auprès des clubs et montrer qu’elle est présente à leur côté en s’engageant avec eux dans leurs évènements et en leur apportant une véritable aide.


Finalement, nous voulons attirer et former des athlètes québécois afin qu’ils participent aux Jeux olympiques. Or, pour des raisons évidentes, le Québec est plus adapté aux sports de neige qu’à la voile. Il nous faut donc envoyer les athlètes en Floride pour qu’il puisse s’entrainer toute l’année ce qui n’est pas forcément un choix facile pour de jeunes athlètes qui doivent choisir entre leurs études et la pratique de la voile à haut niveau. Il y a donc une véritable contrainte posée par le climat et sur laquelle il est malheureusement impossible d’agir directement.

 

Quels conseils donneriez-vous aux candidats au poste de Chargé de Communication dans une fédération sportive ? Et à quelqu’un qui voudrait s’expatrier au Canada ?

Les fédérations étant généralement de petites entités, il faut savoir être flexible, polyvalent et avoir de véritables capacités d’adaptation. Les principales sources de revenus des fédérations sont les subventions de l’État, et dans une moindre mesure les partenariats, il faut donc s’attendre à des échelles de salaires moins élevées que dans le privé. Les horaires et l’emploi du temps sont aussi assez variables, il faut s’adapter au calendrier des compétitions qui vont demander beaucoup de travail pendant un laps de temps, mais aussi aux périodes de creux comme l’hiver pour la voile. La flexibilité est donc le maitre mot.
Cela veut aussi dire qu’il faut être prêt à sortir de son périmètre de travail théorique et aider là où il y en a besoin en fonction des besoins qui se font ressentir.

Pour travailler dans une fédération dans le domaine de la gestion, il n’est pas indispensable de connaitre parfaitement un sport, il est possible d’apprendre tout ce qu’il y a à savoir directement sur le terrain. C’est bien sûr plus difficile au départ, il faut apprendre beaucoup et rapidement, mais ce n’est pas impossible. J’ai beau travailler dans une fédération de voile, je ne me suis toujours pas mise sérieusement à la pratique de la voile ! Plus sérieusement, cela reste un atout et les fédérations ont besoin de gens passionnés et avec une connaissance poussée de leur sport, mais ce n’est pas éliminatoire.

En France, le Canada a une image d’Eldorado mais cela est à prendre avec des pincettes. En arrivant, il n’est pas si simple d’y trouver un emploi qui corresponde à ses attentes et les salaires pour les débutants ne sont pas aussi hauts que prétendus. De plus, l’accent est mis sur l’expérience professionnelle, les diplômes n’ont que peu de valeur ce qui ne facilite pas l’intégration des jeunes expatriés. Cela étant dit, une fois qu’on a trouvé un emploi, il est plus facile de gravir les échelons, les salaires s’élèvent plus rapidement qu’en France et le pouvoir d’achat y est plus important. Il s’agit alors de s’accrocher et de persévérer.

Il faut aussi savoir qu’au Québec, l’anglais a une importance plus grande que ce à quoi on pourrait s’attendre et sans être forcément bilingue, il faut maitriser la langue un minimum.

 

Quelles sont les principales réussites de la Fédération de Voile du Québec en termes de communication ?

Aujourd’hui, les clubs ont une meilleure image de nous par ce qu’ils nous voient plus sur le terrain, la Fédération a gagné en visibilité. C’est passé par un engagement plus poussé sur le terrain, par un meilleur soutien aux clubs et écoles, un accroissement des services aux membres, la mise à jour régulière du site, la diffusion et création d’outils de communication… Mais tout cela n’est qu’un début. Il faut que quelqu’un qui ait un projet en rapport avec la voile et qui ait des questions pense spontanément à nous, que nous devenions une référence ce qui est l’ambition que nous affichons dans notre slogan : « La référence de la voile au Québec ». Malheureusement il y a encore des personnes aujourd’hui qui possèdent un voilier et ne connaissent pas la fédération. Nous devons donc travailler auprès d’eux afin de continuer à accroitre notre visibilité.

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