ETUDE – L’EURO 2016 a généré un impact économique de 1,22 milliard d’euros

Euro Etude In

Les résultats de l’étude d’impact économique de l’UEFA Euro 2016 ont été rendus publics aujourd’hui. Mandaté par le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports (MJVS), l’Observatoire de l’Economie du Sport avait retenu le consortium composé du Centre de Droit et d’Economie du Sport de Limoges et du cabinet KENEO afin de mener cette étude avec pour objectif la mesure de l’impact économique national de court terme.

Une méthodologie robuste

L’une des principales forces de l’étude réside dans la robustesse de la méthode utilisée et la qualité de l’information à laquelle le CDES et KENEO ont eu accès. Sur le premier point, le consortium a veillé à ne pas commettre les erreurs fréquentes de ce type d’exercice remettant en cause la validité des résultats. Ont ainsi été pris en compte :

  • l’effet de substitution : la totalité des dépenses réalisées par les acteurs internes au territoire de référence a été exclue du calcul d’impact dans la mesure où, si l’Euro n’avait pas eu lieu en France, ces dépenses auraient été réallouées à la réalisation d’autres projets ;
  • l’effet d’éviction : si les grands événements sportifs se traduisent par l’afflux de touristes sportifs venus spécialement pour l’événement, ils provoquent également l’annulation de séjours de touristes classiques inquiets des nuisances liées à l’événement (congestion, hausse des tarifs hôteliers, …) ;
  • les fuites : s’il convient de prendre en compte l’injection de flux financiers au sein de l’économie nationale, le calcul d’impact doit également veiller à exclure ceux sortant du territoire en direction d’agents extérieurs (rémunération d’agents extérieurs, importations, …).

L’accès à une information de qualité permet également d’apporter des gages quant à la fiabilité des résultats. Les auteurs de l’étude ont ainsi travaillé en étroite collaboration avec l’UEFA et Euro 2016 SAS afin de collecter les données financières liées à l’organisation de l’événement. De même, le questionnaire à l’attention des spectateurs a été rempli par près de 17 000 personnes. Enfin, la collaboration avec les services de l’INSEE a également permis d’avoir accès à une information de première main concernant la fréquentation touristique en France et l’évaluation du multiplicateur de demande.

1,22 MDS€, PLUS DE 9000 ETP ET PRÈS DE 75M€ DE RECETTES FISCALES ADDITIONNELLES

L’impact économique total de l’Euro 2016 s’est chiffré à 1,22 milliards d’euros pour l’économie nationale. Il se décompose en un impact organisation (596M€) et un impact touristique (625,8M€). Le premier résulte essentiellement des dépenses consenties par l’UEFA et ses filiales pour l’organisation de la compétition. Le second résulte de l’afflux de touristes étrangers venus spécifiquement en France suivre l’événement. Sur ce plan, l’étude nous apprend que l’Euro a été suivi par un total de 613 000 spectateurs uniques étrangers (stades et fan zones). Ceux-ci provenaient de différents pays, les Britanniques (13,4%), les Allemands (12,7%) et les Suisses (5,8%) ayant été les plus nombreux, ont effectué un séjour relativement long (7,9 jours en moyenne) et dépensé 154€ par jour. L’étude a aussi calculé le volume d’activité supplémentaire généré par la compétition. Celui-ci s’est établi à 117 150 mois travaillés soit 9762 emplois équivalent temps plein sur l’année 2016. Enfin, l’étude évalue également les recettes fiscales additionnelles générées par l’accueil de la compétition. Celles-ci s’établissent à de 75M€ : 70M€ de TVA, 2,7M€ de taxe de séjour et 2,2M€ de taxes d’aéroport.

Au final, si l’impact économique peut apparaître conséquent en valeur absolue, il est relativement faible comparativement au Produit Intérieur Brut annuel de la France qui est d’environ 2200 milliards d’euros (soit moins de 0,1%...). Ce n’est donc pas sur cette base que l’on peut conclure à la légitimité des dépenses (publiques notamment) consenties pour l’accueil de la compétition. Pour arriver à une telle conclusion (ou non), il aurait fallu prendre en considération l’intégralité du cycle de vie de l’événement et en particulier mesurer l’héritage (sportif, social, territorial) laissé à la France et aux villes hôtes. Il s’agit d’ailleurs de l’une des recommandations finales de l’étude en vue des prochaines études d’impact de grands événements sportifs internationaux organisés en France.

Cet article a initialement été rédigé par le CDES et est consultable ici
L'intégralité de l'étude est disponible sur ce lien


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