Ma vie de directeur du championnat canadien d'athlétisme en salle

Abou Ngame

Abou Ngame est le Directeur du Championnat Canadien d'Athlétisme en Salle depuis 2 ans après s'être expatrié au Québec.

Pour la première fois au Canada, un championnat national d'athlétisme a lieu 5 années de suite dans la même ville. Ce que Montréal a obtenu d'Athlétisme Canada pour la période 2014-2018 relève d'une exception puisque la logique aurait été d'accueillir l'évènement pour 2 ans. Ce fut d'autant plus une surprise pour moi  qu'en France, les championnats nationaux changent de lieu chaque année.

La décision d'Athlétisme Canada d'attribuer l'organisation de cette compétition à la même ville pour 5 ans s'explique entre autres par le fait que le championnat national en salle n'existait plus depuis une vingtaine d'année. Au passage, j'ai encore aujourd'hui du mal à comprendre cette absence dans un pays où l'hiver dure près de la moitié de l'année. L'objectif était donc laisser le temps aux organisateurs de bâtir des fondations solides pour cet évènement. Autrement dit, notre défi en tant que comité organisateur était de faire revivre cette compétition dans la durée.

Les deux éditions du championnat national en salle qui se sont déroulées en 2014 et 2015 ont rencontré un franc succès en termes d'organisation. J'en profite pour remercier nos deux principaux partenaires que sont Athlétisme Canada et la Fédération Québécoise d'Athlétisme. Je n'oublie pas les nombreux commanditaires, les clubs Vainqueurs Plus et les Vainqueurs qui ont su mobiliser plus de 200 bénévoles ainsi que les officiels.

En revanche, le niveau de participation me laisse un goût amer. L'absence notable de plusieurs athlètes de haut niveau est le sujet qui va mobiliser nos énergies pour les prochaines années. Je peux d'ores et déjà annoncer que des mesures incitatives seront prises dans le but d'attirer ces athlètes qui apporteront une réelle plus-value à notre évènement.

A titre personnel, je me considère doublement chanceux d'organiser le championnat canadien en salle. La première raison est que j'ai l'intime conviction d'être arrivé à Montréal au bon moment. Mon profil d'organisateur dans le milieu du sport correspond à un besoin à un moment où la ville de Montréal se positionne de plus en plus dans l'accueil d'évènements sportifs d'envergure nationale et internationale.

Durant la décennie 2010-2020, Montréal accueillera ou aura accueilli plusieurs nouveaux évènements majeurs parmi lesquels les Championnats du monde FINA des maîtres (2014), le championnat canadien d'athlétisme en salle (2014-2018), les Jeux du Québec (2016) ou encore les Jeux Mondiaux Policiers et Pompiers (2017). A cela, on peut ajouter plusieurs rencontres de la Coupe du Monde de football féminin au Stade Olympique (2015) ou encore l'arrivée du club Impact de Montréal en Major League de Soccer en 2012.

La création de l'organisme Excellence Sportive sur l'île de Montréal - ESIM dont l’un des mandats est d'accompagner la tenue d'évènements sportifs d'envergure constitue une réalisation visible de cette volonté politique.

L'autre raison pour laquelle je me considère chanceux d'organiser le championnat canadien en salle est que les gens qui m'entourent ont contribué à ce que je sois pleinement intégré dans le milieu de l'athlétisme au Québec. En effet, que ce soit le club Vainqueurs Plus, la fédération québécoise ou Athlétisme Canada, tous m'ont fait confiance avant de me connaître. Je dirais que c'est ce qui m'a le plus marqué ici au Canada. L'idée que les Anglo-Saxons privilégient les compétences et vous donnent l'opportunité de les exprimer n'est pas un mythe. Je ne pense pas me tromper en affirmant que j'aurai plus difficilement obtenu cette confiance en France en si peu de temps.

En résumé, mon expérience d'émigration au Canada demeure très positive. Je n'imaginais pas vivre de telles situations stimulantes en moins de 3 ans. Même s'il fait souvent ''frette'' au Québec, rien ne me fait regretter ce choix. Bien au contraire !

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