Etude sur la pratique sportive des Français

Une nouvelle étude Eurobaromètre dédiée au sport et aux activités physiques actualise les résultats produits en 2002 et 2009 et révèle un taux de sédentarité élevé parmi les populations de l’Union européenne : 42 % des citoyens déclarent ne jamais pratiquer. Plus alarmant, cela correspond à une augmentation de 3 points par rapport à 2009. Pour les Français, le pourcentage est identique mais révèle une tendance inquiétante puisque seulement 34 % de la population était dans ce cas il y a 3 ans !

Motivations et freins

L’enquête, menée de novembre à décembre 2013, a interrogé 28 000 personnes – issues de différents groupes sociaux et des 28 États membres – sur les motivations et les freins à leur participation sportive. Parmi les 58 % qui s’adonnent plus ou moins fréquemment à une activité physique et sportive, la majorité déclare le faire pour améliorer sa santé
et être en meilleure forme. Les Français se distinguent de la moyenne européenne en se montrant également sensibles à ces deux dimensions (54 et 55 %) alors que les Européens privilégient l’aspect sanitaire plutôt que celui de la condition physique (62 % contre 40 %). La troisième raison la plus citée est le besoin de se détendre (pour 42 % des Français et 36 % des Européens). Il est notable que la recherche de performance soit une motivation de la pratique pour seulement 12 % des Français (contre 24 % des Européens) et que l’esprit de compétition justifie le fait de faire du sport pour 7 % des Français (contre 5 % des Européens). À l’autre extrémité, 9 % des Français (et 6 % des Européens) déclarent que la principale raison pour laquelle ils ne pratiquent pas est parce qu’ils n’aiment pas la compétition. L’enquête se penche aussi sur les raisons de l’absence de pratique sportive régulière. L’explication majoritairement avancée est le manque de temps (42 % des Français et autant d’Européens) alors que la question
du coût financier n’est mise en avant que par 10 % de la population.

Espaces et lieux de pratique

89 % des Français sont d’accord pour dire que la région où ils habitent offre de nombreuses possibilités d’activités physiques. D’ailleurs, les parcs et les espaces naturels sont les lieux les plus cités par ceux qui déclarent pratiquer. Et 66 % se disent également satisfaits des actions des pouvoirs locaux de leur région pour les citoyens dans le domaine des activités physiques. 88 % de la population française considère que les clubs sportifs et autres centres de proximité offrent de nombreuses possibilités d’activités physiques. Il faut souligner que, par rapport à 2009, la part de la population « tout à fait d’accord » avec cette affirmation a augmenté de 10 points. Paradoxalement, 74 % des Français ne sont membres d’aucun type de club. Reste donc à transformer l’essai en convertissant les sympathisants
en pratiquants !

L’évolution de l’engagement bénévole se confirme

Entre 2009 et 2013, le pourcentage des Français déclarant exercer une activité bénévole qui soutient les activités sportives a baissé de 3 points. Ils ne représentent plus aujourd’hui que 7 % de la population. La proportion est équivalente à l’échelle européenne. Ce sont les Suédois qui sont le plus investis dans ce domaine avec un bénévole sportif sur quatre personnes et une augmentation de 7 points en trois ans. Parmi les bénévoles sportifs français, la majorité d’entre eux (41 %) s’investit uniquement occasionnellement, lors d’événements ponctuels ; 22 % consacrent 1 à 5 heures par mois au bénévolat sportif ; autant ont un engagement équivalent à 6 à 20 heures mensuelles. On descend ensuite à 14 % pour une durée comprise entre 21 et 41 heures et à 2 % pour un investissement supérieur
à 40 heures mensuelles. Les tâches effectuées par le plus grand nombre relèvent donc, logiquement, de l’événementiel (46 %) mais correspondent également pour 32 % à l’appartenance à un conseil d’administration. 27 % des bénévoles sportifs français sont entraîneurs ou formateurs, 26 % effectuent un travail administratif et 21 % assurent la tenue des buvettes et boutiques

Article paru en Mai 2014 dans la revue Jurisport (n 142) 

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