Le Québec, terre d'accueil des évènements sportifs internationaux.

Le soutien financier public aux évènements sportifs internationaux au Québec : le Fond pour le développement du sport de l’activité physique

Eric Pilote

 

Article écrit par Eric Pilote, Conseiller en Sport à la Direction du Sport, du Loisir et de l'Activité Physique au Ministère de l'Education, de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche du Québec.

 

 

Mise en contexte historique

En juillet 2001, la Fédération internationale de natation amateur (FINA) octroie à Montréal les Championnats mondiaux aquatiques de 2005. Montréal devient ainsi la première ville nord-américaine à accueillir l’évènement majeur des sports aquatiques. L’organisme derrière la candidature est les Internationaux du Sport de Montréal (ISM). Les ISM ont présenté la candidature sans avoir attaché, auprès des instances gouvernementales, le financement requis pour les opérations et les installations. Le budget prévisionnel de l'organisation s'établit à 46 millions de dollars canadiens. Les pouvoirs publics (les gouvernements du Canada et du Québec, la ville de Montréal) participeraient à environ 50 % de ce financement.

Devant l'insuffisance des parrainages privés, le comité d'organisation des championnats fait appel aux pouvoirs publics pour boucler le budget nécessaire à l'accueil des compétitions. Il manque en effet environ 10 M$ au comité d'organisation à cause des faibles soutiens privés et d’une vente de billets anémique.

Début janvier 2005, la FINA annonce le retrait de l'organisation des championnats du monde à Montréal à cause des problèmes de financement du comité d'organisation. À la suite de cette décision, un nouvel appel de candidatures est lancé afin de désigner une nouvelle ville hôte pour accueillir le rendez-vous international. Plusieurs villes signalent alors leur intérêt. Afin de sauver la candidature canadienne, le maire de Montréal promet une aide financière de près de 10 millions de dollars pour boucler le budget final de 36,5 M$ et assure vouloir combler l'éventuel déficit.

Finalement, le 10 février 2005, la FINA annonce revenir sur sa décision et désigne, pour la seconde fois, Montréal comme ville hôte, celle-ci ayant fourni les garanties financières à l'institution internationale. L’évènement se soldera avec un déficit financier de 4,7 M$, qui sera comblé par le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal.

 

Le Groupe de travail sur l’accueil d’évènements sportifs internationaux au Québec

À la suite de la saga des Championnats du monde aquatique de 2005, le ministère québécois responsable du loisir et du sport cessera son financement aux deux organismes de démarchage d’évènements en opérations au Québec, à savoir les Internationaux du Sport de Montréal et Sports internationaux de Québec.

Ne voulant plus jamais revivre une telle situation, le ministre responsable du loisir et du sport de l’époque, M. Jean-Marc Fournier, met sur pied, à l’automne 2005, un groupe de travail sur l’accueil d’évènements sportifs internationaux. Ce groupe a pour mandat de présenter au gouvernement du Québec des orientations stratégiques qu’il pourrait adopter pour mieux tirer profit des évènements sportifs internationaux qui se tiennent sur son territoire.

Au début de février 2006, le groupe de travail dépose son rapport  dans lequel il propose 10 orientations stratégiques pour mieux tirer profit de l’accueil d’évènements sportifs internationaux au Québec :

  1. Création d’un programme québécois de soutien aux installations sportives.
  2. Concertation intragouvernementale animée par le ministre responsable du sport.
  3. Concertation intergouvernementale canadienne.
  4. Plan pluriannuel de référence de candidatures et d’organisation d’évènements sportifs internationaux au Québec.
  5. Diffusion du plan.
  6. Enregistrement des dossiers d’intention de candidature.
  7. Sélection des dossiers de candidature en vue d’un engagement à soutenir financièrement l’évènement en cas de victoire.
  8. Soutien aux candidatures canadiennes et internationales.
  9. Suivi étroit et financement ciblé de l’organisation d’évènements.
  10. Attribution des ressources financières et humaines requises.

 

Le Fonds pour le développement du sport et de l’activité physique

En juin 2006, l’Assemblée nationale du Québec adopte la Loi instituant le Fonds pour le développement du sport et de l’activité physique (FDSAP). Le FDSAP se voit accorder une enveloppe annuelle de 30 M$ jusqu’en 2019-2020 : 26 M$ pour les installations et 4 M$ pour les évènements.

En juillet 2006, le Programme de soutien aux installations sportives et récréatives est lancé; trois mois plus tard, en octobre 2006, c’est au tour du Programme de soutien aux évènements sportifs internationaux de recevoir des demandes. Entre octobre 2006 et décembre 2014, c’est plus de 41 M$ qui ont été investis par le FDSAP pour soutenir 203 évènements sportifs internationaux majeurs.

Le Secteur du loisir et du sport du gouvernement du Québec et ses partenaires du milieu associatif du sport sont sensibles aux retombées touristiques, économiques et sociales, mais peut-être encore davantage, à l’amélioration du réseau et, surtout, à la promotion d’une culture sportive.

L’un des héritages les plus importants de la tenue d’évènements sportifs, mis à part les retombées économiques et d’installations, et qui est la plupart du temps sous-estimé, est l’expertise qui est développée par les personnes « locales » travaillant ensemble, dans les différents secteurs du comité organisateur, à la réalisation du projet évènementiel. Qu’elles soient bénévoles ou rémunérées, une fois que le « cirque » a quitté la ville, ces personnes vont demeurer dans leur région et feront bénéficier les prochains évènements de toutes les connaissances acquises. Il s’agit d’un avantage indéniable pour les organisateurs, car ceux-ci n’ont pas à regarder ailleurs pour trouver de la main d’œuvre qualifiée sur leur territoire.
À court terme, pour un comité organisateur d’avoir une philosophie qui préconise l’embauche, à des positions clés, de personnes avec moins d’expérience, demande certes plus de travail et de suivi, mais les bénéfices à long terme de ce choix sont indéniables et dès plus payants.

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