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Ils sont DG d’institution sportive, expert du sport business, avocat, chasseur de têtes, DG d’association d’élus locaux, lobbyiste, DTN, ou directeur des sports de collectivité territoriale, ils connaissent le sport français, ses enjeux, ses acteurs mais on les entend peu dans les médias. Olbia le blog a souhaité leur donner la parole afin d’en savoir plus sur leur parcours professionnel, leur vision du sport français, les enjeux de leur institution ou de leur entreprise.

Nous poursuivons notre série « Eux aussi font le sport français… » avec Rémi Castaings, Directeur administratif et financier de la Fédération française de surf.

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Olbia : Tu as rejoint la fédération française de surf depuis 6 ans. Tu es désormais directeur administratif et financier. Comment es-tu arrivé à la fédération ?

Rémi Castaings : Après une première expérience professionnelle non aboutie, je souhaitais travailler dans le monde associatif et sportif, un milieu qui m’a toujours attiré et passionné étant moi-même sportif et entraineur bénévole au rugby.

J’ai ainsi proposé mes services à plusieurs associations sportives d’Aquitaine dont la FFSURF qui s’est montré intéressée. Je n’ai pas laissé passer l’opportunité !

Olbia : En quoi consiste ton quotidien ?

RC : Ma mission principale est de gérer une équipe d’une dizaine de personnes chargée de gérer l’administratif, la gestion des clubs et écoles de surf, la communication, la formation, l’évènementiel… Mon rôle est de chapoter l’ensemble pour répondre aux exigences de nos clubs et écoles de surf, du Ministère des Sports et de mes élus.

En plus de la gestion des ressources humaines, j’ai également en charge la gestion financière et budgétaire de la fédération ainsi qu’un rôle de « conseil » auprès des élus.

C’est un poste très complet, multi tâches et multi responsabilité ce qui le rend des plus intéressants.

Olbia : En 6 ans, as-tu vu des évolutions majeures dans le surf en France ?

RC : En 2010, lors de mon arrivée, la fédération comptait une centaine de clubs de surf, une centaine d’écoles de surf et environ 50 000 licenciés. Aujourd’hui, la FFSURF compte 180 clubs, 130 écoles et plus de 80 000 licenciés : un évolution quantitative évidente qui permet à la fédération de disposer de plus de moyens humains, financiers et de plus de présence géographiquement puisque nous sommes désormais présents sur tout le littoral atlantique, la manche, la méditerranée, les dom tom et dans plusieurs grandes villes non côtières grâce au développement du Stand Up sur les cours d’eau.

Le surf se retrouve ainsi plus développé et plus structuré ce qui permet d’augmenter son aura, sa notoriété à l’échelle nationale.

Pour le grand public, le surf n’est plus qu’une activité saisonnière réservée aux initiés locaux : il s’impose comme un sport à part entière avec ses codes et ses champions.

Olbia : C’est un sport de nature qui ne nécessite pas de prendre une licence pour la pratiquer, à l’instar de la course à pied par exemple. Comment la fédération essaie t’elle de convaincre les 600 000 pratiquants de se licencier ?

RC : En effet, l’avantage de ce sport (pratiquer le surf quand on veut ou on veut sans contrainte) est un inconvénient pour sa fédération puisque de ce fait il est difficile de convaincre les pratiquants à se rassembler localement dans des structures affiliées.

Lors de la dernière olympiade, la stratégie de la fédération se basait sur l’amélioration de l’accueil des pratiquants dans nos clubs et dans les villes en créant les labels :

  • Label Ville de Surf : label délivré aux villes qui s’investissent dans le développement du surf auprès du club local mais aussi des installations à dispositions des pratiquants sur la plage
  • Label Clubs de surf, récompensant les clubs pour leurs actions envers leurs membres : entrainement sportif, formation etc…

Cette stratégie a porté ses fruits puisque de nombreux clubs se sont créés partout en France permettant à tout pratiquant de trouver une structure proche de chez lui, une structure organisée et reconnu pour sa faculté à recevoir du public et rassembler les pratiquants en répondant à leurs besoins.

Il est aussi important de noter que de plus en plus de collectivités s’appuient désormais sur les clubs de surf locaux pour organiser et gérer les spots de surf pour répondre aux attentes des surfeurs.

Pour la prochaine olympiade, marqueter la licence pourra être la prochaine étape dans la poursuite de cette stratégie de développement.

Olbia : La fédération accueillera les Championnats du monde en 2017. Alors que le surf devient Olympique, c’est une opportunité formidable pour poursuivre le développement de la fédération, mais également pour toi. A titre personnel, qu’en attends-tu ?

RC : J’attends énormément de cette entrée dans la cour des grands : la fédération va je l’espère pouvoir se développer sur tous les plans avec plus de moyens humains et financiers. Pour les salariés comme les cadres techniques, chacun à son niveau, l’objectif est le même : obtenir une médaille dans 4 ans.

Personnellement, c’est une réelle opportunité puisque il va falloir tout créer, tout réorganiser, tout repenser avec cette nouvelle aura, ce nouvel objectif. Etant plutôt jeune, l’idée de grandir professionnellement en même temps que la fédération me plaît et me motive profondément. J’espère que l’aventure sera belle car c’est bel et bien une aventure pour la fédération comme pour ses salariés !

Olbia : La fédération est installée à Hossegor, dans les Landes. Arrives-tu tout de même à échanger avec tes homologues des autres fédérations sportives ?

RC : Nos moyens financiers et humains sont limités, je n’ai malheureusement pas le temps nécessaire et les moyens financiers pour venir sur Paris autant que je le souhaiterai.

De ce fait, je n’ai pratiquement aucun rapport avec mes homologues et c’est bien dommage car nous rencontrons les mêmes problèmes, nous posons les mêmes questions. L’expertise et les échanges me seraient pourtant bien nécessaires ! J’espère pouvoir remédier à cela lors de la prochaine olympiade.

Olbia : D’après toi, qui est la personnalité 2016 du sport business ou institutionnel français ?

RC : Pour l’ensemble de son travail depuis près de 30 ans qui s’est concrétisée cette année, ma personnalité 2016 est Jean Michel AULAS, le président du club de football de Lyon et le président directeur général de l’OL Groupe.

Il reprit le club de foot en 1987, club moyen à l’époque, pour en faire aujourd’hui un club de football fort avec des résultats sportifs exceptionnels mais surtout une stratégie novatrice de développement, autant financier que marketing.

Le club s’est ainsi structuré avec un temps d’avance sur ses homologues lui permettant de bénéficier aujourd’hui de ressources propres importantes sûres ainsi qu’une aura dans le monde du football européen et surtout le monde du sport business. Une stratégie qui s’est concrétisée en 2016 par l’ouverture du Parc olympique Lyonnais : un stade de football ainsi qu’un complexe de sports et de loisirs, propriété de la société OL Groupe, la holding dont fait partie le club de football de l’Olympique lyonnais (OL Groupe a été créée en 1999 dans le but de chapeauter l’Olympique lyonnais et les différentes sociétés qui entourent le club rhodanien). Entrée en bourse en 2007, l’Olympique Lyonnais est à ce jour le seul club de football français côté en bourse.

Etre propriétaire de son stade est l’ultime étape dans le plan de financement du club qui lui permettra de générer des ressources propres d’envergure.

Le développement de ce club, mis en place par Monsieur AULAS, est pour moi l’exemple parfait à suivre pour les structures sportives françaises en alliant parfaitement « sport et business », un important défi à relever par le monde du sport français.

Olbia : Et celle qui pourrait l’être en 2017 ?

RC : L’idéal serait que la personnalité 2017 soit le futur Ministre des Sports pour récompenser ses prises de positions fortes sur les évolutions du sport en France : forte augmentation du budget pour le monde sportif et ses fédérations, meilleure place du sport à l’école, restructuration du modèle économique sportif français… des points sur lesquels il pourrait s’appuyer pour établir une stratégie cohérente pour récolter un maximum de médailles aux JO 2024 à Paris.

L’espoir fait vivre !

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